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REFLEXION SUR LA PRISE EN CHARGE La nouvelle organisation du temps scolaire à l’école primaire oblige l’ensemble des communautés éducatives à un changement d’organisation et de culture : le temps de travail se dissocie de plus en plus du temps devant élèves et les enseignants vont être de plus en plus souvent amenés à intervenir auprès d’élèves qui n’appartiennent pas à leur groupe classe. Lors des nombreuses concertations qui ont été organisées dans les équipes, la discussion a naturellement porté sur l’organisation de la journée et de la semaine scolaire, mais aussi sur une question d’une importance pédagogique capitale : comment les élèves en difficulté devront-ils être répartis entre les différents enseignants ? Autrement dit : les enseignants doivent-ils nécessairement intervenir auprès de leur propres élèves ? De nombreux arguments montrent qu’il est préférable de faire éclater les groupes classe pour l’organisation du soutien : Des arguments liés à l’organisation :
Des arguments d’ordre pédagogique : Des arguments d’ordre psychologique : Faut-il pour autant exclure définitivement l’intervention des enseignants auprès de leurs propres élèves ? Ne pourrait-on pas trouver également des arguments en faveur d’un tel dispositif ? En fait, il y en a un, et il n’est pas négligeable : avoir le temps de « voir fonctionner » ses élèves en difficulté peut permettre à un enseignant de mieux comprendre l’origine de leurs difficultés et donc de différencier son enseignement en conséquence. Certes, cet argument ne « fait pas le poids » face à tous ceux qui ont été présentés ci-dessus, et il ne justifie pas la prise en charge des élèves en difficulté par leurs propres enseignants tout au long de l’année. Il peut cependant être intéressant d’inventer un dispositif permettant aux enseignants de prendre en charge leurs propres élèves de manière ponctuelle. Dans les écoles qui disposent d’un enseignant spécialisé (maître E), il n’est pas nécessaire d’inventer un tel dispositif. En effet, si un enseignant désire « voir fonctionner » ses élèves en difficulté, il peut faire appel au maître E qui, à l’occasion de l’une de ses interventions, prendra en charge le groupe classe pendant que l’enseignant travaillera avec les élèves en difficulté. Les maîtres E sont formés à ce type d’intervention et sont donc des personnes ressource précieuses pour les équipes dans de tels cas. Pour conclure, il faut rappeler qu’aucun dispositif ne peut être adopté de manière définitive et que l’année scolaire 2008-2009 sera une année réservée à l’expérimentation de dispositifs qui devront être évalués et réajustés.
Sophie Mathas |