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QUESTIONS
POSEES « QUELLE PEDAGOGIE POUR LE SOUTIEN » DDEC de Nice - Maison du séminaire -15 octobre 2008
Les parents peuvent-ils demander / exiger une prise en charge en soutien pour leurs enfants ? Demander,
oui, il est même souhaitable de leur faire savoir qu’ils en ont la
possibilité. Est-on obligé de travailler par groupe de besoins ? Chaque enseignant ne peut-il pas garder ses élèves en soutien ? Il n’y a pas d’obligation imposée par les IO dans ce domaine. Cependant, le simple bon sens invite à regrouper les élèves ayant les mêmes besoins. Si chaque enseignant garde ses élèves en difficulté, il sera obligé de prévoir pour chacun d’eux un travail individuel en fonction de ses difficultés propres (orthographe pour l’un, numération pour l’autre, lecture compréhension pour un troisième…) Cela génèrera beaucoup de travail, voir de découragement pour l’enseignant. Cela se fera également au détriment au dialogue pédagogique, de l’apport entre élèves travaillant ensemble sur un même sujet, de la dimension ludique qui peut être apportée au soutien, du temps accordé par l’enseignant à chaque élève. De plus, répartir les élèves en groupes de besoins peut permettre à chaque enseignant de se spécialiser dans un domaine qui l’intéresse et de construire des dispositifs d’apprentissage plus élaborés fondés sur une réelle progression. Bien sûr, en travaillant par groupes de besoin, les enseignants auront inévitablement un jour où l’autre certains de leurs élèves dans leur groupe – ceux dont les besoins correspondront à ce qui est travaillé dans ce groupe. Pour plus d’arguments sur cette question, voir le document Réflexion sur la prise en charge des élèves en difficulté Cependant, encore une fois, laissons la place à l’inventivité et à la flexibilité. Il peut être tout à fait justifié de décider en début d’année de prévoir, par exemple, quatre séances de méthodologie avec leur propre enseignant pour les élèves qui auraient du mal à gérer leur matériel de classe, par exemple… Voir aussi les derniers paragraphes du document proposé en lien ci-dessus. Nous n’avons pas d’enseignant spécialisé, qui s’occupe des élèves en difficulté graves et persistantes qui, au-delà du soutien, auraient besoin de remédiation ? Pouvez-vous repréciser les différences entre soutien et remédiation ? Certes, sans enseignant spécialisé, il y a des aides que l’on ne peut pas proposer à des élèves qui en auraient pourtant besoin. C’est au conseil de cycle de décider si le soutien tel qu’il est organisé dans l’établissement pourrait – modestement – apporter quelque chose à ces élèves en grande difficulté. Il est bien difficile pour un enseignant d’accepter qu’il n’est pas toujours possible de résoudre les difficultés de tous les élèves et, il ne faut pas se leurrer, ce nouveau dispositif de soutien fera sans doute beaucoup de bien, mais il ne fera pas de miracles ! Faire de la remédiation va au-delà du soutien, demande du temps et une formation spécifique, celle qu’ont reçu les enseignants spécialisés. Le Power Point montré lors de la journée pédagogique, également disponible sur le site, vous en dira plus sur la différence entre soutien et remédiation.
Envisageons deux cas : Dans les groupes de besoin, peut-on mélanger les niveaux ? Le propre d’un groupe de besoin, c’est justement qu’il permet de regrouper les élèves non en fonction de leur âge ou de leur niveau de classe mais de leurs réels besoins d’apprentissage. Cependant, faisons preuve de logique : il ne s’agit pas de mélanger les niveaux pour mélanger les niveaux. Si des CM1 et des CM2 peuvent très bien travailler ensemble les même notions, ajouter à leur groupe un élève de CE 1 ne semble pas très pertinent… A moins d’avoir à faire face à un cas particulier, dans un premier temps, il semble plus simple de regrouper des élèves du même cycle. Comment faire face aux réactions des certains parents qui peuvent croire que le soutien stigmatise leur enfant en le désignant comme mauvais élève ? Tout est une question de communication. La stratégie de communication doit être pensée à l’avance, en équipe et sous la responsabilité du Chef d’Etablissement. N’oublions pas que les parents sont libres de refuser le soutien proposé. Il nous semble important d’ajouter que la communication ne doit pas s’adresser uniquement aux parents. En effet, quels que soient les sentiments des parents, il faut avant tout veiller à ce que l’enfant lui-même ne se sente ni stigmatisé, ni pénalisé, ni puni par ces heures supplémentaires passées au sein de l’établissement. C’est avec tout le groupe classe que l’enseignant doit travailler à cela. Faut-il faire un conseil de cycle à chaque nouvel arrivant dans un groupe de soutien ? Cela risque d’être lourd pour les gros établissements. Comment gérer le coup par coup ? Si une difficulté survient en milieu de période, que faire de l’élève qui n’était pas au départ en soutien ? Quelle souplesse dans l’échéance qui est fixée, par exemple à un mois ? Ajout d’élève ? Arrêt du soutien ? Pour travailler efficacement, il faut que les groupes restent stables. Un conseil de cycle suffit à décider du nombre de groupes, des capacités / connaissances qui seront travaillées par chaque groupe, des élèves qui y seront affectés, et de la durée de vie des groupes – 4 à 6 semaines semble être un choix raisonnable. Avec une telle organisation, il n’est donc pas question d’avoir un « nouvel arrivant » dans un groupe en milieu de dispositif, ni de faire arrêter le soutien à un élève en cours de dispositif. L’enseignant doit pouvoir travailler avec un groupe stable pour lequel il construit une progression et prévoit une évaluation finale. Comme la question posée le montre, les équipes ne sont pas en mesure de multiplier les conseils de cycle. Si un besoin apparaît chez un élève alors que les groupes sont déjà lancés, il nous semble plus cohérent d’attendre le démarrage d’un nouveau groupe. Rappelons toutefois qu’il ne s’agit là que de suggestions, de pistes de travail, et que certaines équipes peuvent, si elles le désirent, inventer un mode de fonctionnement plus flexible, à condition qu’il convienne à tous – et soit compréhensible par les parents et les élèves. Le nombre d’heures de soutien doit-il être identique pour chaque élève ? Non. Il faut adapter la proposition de soutien aux besoins de chacun. Même deux élèves qui ont les mêmes difficultés peuvent se voir proposer des dispositifs différents, par exemple si l’un d’entre eux bénéficie déjà d’une prise en charge en orthophonie, source de fatigue supplémentaire. Quel dispositif de soutien pour un élève accompagné par une AVSi ? Il faut faire du cas par cas. S’il semble au conseil de cycle que le soutien pourrait être bénéfique à cet élève, il peut y participer. Quand à savoir si l’AVSi l’y accompagnera, là aussi, c’est à étudier au cas par cas – en fonction des capacités de l’élève à participer seul au soutien et de l’emploi du temps de l’AVSi De même que pour les PPRE, les élèves qui sont maintenus dans un niveau relèvent-ils obligatoirement du soutien ? Non, il n’y a aucune obligation dans ce domaine. C’est au conseil de cycle de décider de la pertinence du soutien pour ces élèves. On peut imaginer qu’un élève qui redouble se sentira assez à l’aise en début d’année scolaire pour ne pas avoir besoin de soutien, mais pourra, peut-être, en avoir besoin par la suite. L’avantage du soutien, c’est qu’on peut faire du cas par cas et être flexible. Quelle est la durée idéale d’une séance de soutien par rapport au rythme de l’enfant ? Il n’y a pas de réponse toute faite. Si le soutien à lieu lors de la pause déjeuner ou le soir, le bons sens recommande de ne pas dépasser 45 minutes. Il faut aussi prendre en compte l’âge des élèves. Si le soutien a lieu le mercredi matin, on peut très bien envisager des dispositifs de 2 h qui permettent, par exemple, aux élèves de passer dans deux groupes pour travailler des notions différentes. On peut aussi envisager le cas d’une école dont les élèves travaillent le mercredi et où des séances de soutien d’une heure ont été placées en cours de semaine, les journées de classe étant plus courtes. Quel est le nombre exact d’heures réservées au soutien selon les IO ? Pour une réponse très précise, prenant en compte tous les cas (travail à temps partiel, décharge de Chef d’Etablissement…), se reporter au BO n° 32 du 28 août 2008 sur les obligations de services des personnels enseignants du premier degré. Le soutien concerne-t-il uniquement les élèves du CP au CM 2 ? La mise en œuvre du dispositif de soutien est lié à l’école obligatoire et concerne donc les élèves du CP au CM 2 ayant des difficultés en mathématiques et en français. Cependant, les écoles, et en particulier des Etablissements d’Enseignement Catholique, disposent d’une grande liberté d’organisation. S’il convient de privilégier les élèves en difficulté du CP au CM 2, il n’est donc pas exclut d’envisager le cas où des élèves de maternelle pourraient bénéficier d’un soutien ponctuel. Il convient cependant de rester très prudent : pour des élèves très jeunes, la fatigue se fait vite sentir, et des séances de soutien après une longue journée de classe risquent de ne pas être très efficaces. Si l’on juge ces séances utiles, il faut qu’elles soient plus courtes et plus nombreuses. La première chose à essayer pour aider un élève en difficulté en maternelle est la différenciation pédagogique, plus facile à mettre en œuvre dans le cadre d’un travail en ateliers dans une classe où l’on dispose d’une aide maternelle. Le courrier informant les parents d’une proposition de soutien doit-il être signé par le Chef d’Etablissement. Est-ce prévu dans les IO ? Les IO ne disent rien à ce sujet, elles ne mentionnent pas non plus l’obligation d’envoyer un courrier. Cependant, le bon sens nous invite à contractualiser les choses avec les parents le plus sérieusement et le plus formellement possible. La responsabilité du Chef d’Etablissement étant engagée, il est indispensable qu’il sache quels élèves sont présents dans son établissement à un moment donné et dans quelle classe ils se trouvent. C’est aussi un gage de sérieux donné aux parents. De plus, en cas de refus par les parents de la proposition de soutien, il est utile de disposer d’un écrit de leur part qui sera intégré au dossier de l’élève et pourra être utile, par exemple si les parents font appel d’une décision de maintien dans le cycle en fin d’année. Est-ce que tous les enseignants doivent faire le soutien en même temps ? Dans les textes officiels, rien n’y oblige. Cependant, le planning du soutien doit être approuvé par le Chef d’Etablissement qui engage là sa responsabilité pédagogique et doit le transmettre à l’Inspecteur auprès duquel il est garant du respect par chaque enseignant de ses obligations de service. Pour plus de cohérence et de lisibilité envers les parents, il est souhaitable que le soutien soit placé à la même heure pour toutes les classes. Cependant, rien n’interdit d’être inventif à condition que ce soit pour le bien des élèves. Un établissement du diocèse expérimente ainsi un dispositif dans lequel le soutien est placé à l’heure du déjeuner pour le cycle 2 et le soir pour le cycle 3, l’hypothèse de départ étant qu’il est préférable de ne pas rallonger la journée de travail des élèves les plus jeunes. On ne saurait que trop répéter qu’il est souhaitable à la fois d’user de la liberté d’organisation qui nous est offerte, de faire preuve de rigueur dans l’organisation et surtout, de ne pas oublier qu’il s’agit là d’une année d’expérimentation à la fin de laquelle les dispositifs devront être évalués. Au niveau des heures réservées aux conseils de maîtres : ne deviennent-elles pas des heures pour un « conseil de soutien » ? Quand discuter des projets si l’on n’a pas de conseils de maîtres ? Plusieurs axes de réponse : - Il est possible de prendre sur le temps réservé au soutien devant élèves quelques heures consacrées à la mise en œuvre et à l’évaluation du dispositif. Cela permet de diminuer d’autant le temps pris sur le conseil des maîtres pour organiser le soutien. - La nouvelle organisation des horaires de l’école primaire prévoit davantage de temps pour les concertations. En conséquence, même si une partie des concertations est consacrée au soutien, une bonne organisation devrait permettre d’avoir encore du temps pour discuter des projets. - La mise en œuvre du soutien étant nouvelle cette année, il semble inévitable de devoir y consacrer plus de temps en équipe, parfois au détriment d’autres projets, surtout en début d’année. Soyons patients et philosophes, une fois que tout sera organisé, tout ira mieux… Rencontre avec les parents, tous les mois ? Là encore, pas de règle stricte, pas d’obligation fixée dans les IO. A chaque équipe d’inventer son dispositif sous la responsabilité du Chef d’Etablissement. N’oublions pas que la communication peut s’organiser sous d’autres formes que celle du rendez-vous (fiche de liaison, par exemple) et que chaque famille peut ne pas avoir le même besoin de contact avec l’équipe enseignante. Ceci dit, rencontrer toutes les familles dont les enfants bénéficient du soutien une fois par mois nous semble très généreux, mais est-ce vraiment utile… et réalisable ? Les élèves en soutien doivent-ils être évalués dans le groupe classe ? Ils doivent être soumis aux mêmes évaluations que les autres élèves de leur classe. En revanche, il est souhaitable de mettre en place une évaluation du dispositif de soutien réservée aux enfants qui en ont bénéficié. Cette évaluation se fera lors de la dernière séance de soutien et permettra de décider de la poursuite du soutien pour le même capacité / connaissance, de sa poursuite pour une autre capacité / connaissance ou de son arrêt. Comment peut-on envisager un soutien qui ne soit pas hebdomadaire, surtout pour des difficultés légères et passagères ? Par exemple, un mercredi sur 3 ? Le dispositif que vous décrivez là doit correspondre à un projet et des objectifs précis, sans doute adaptés à la population des élèves de l’école dont il est question. Il conviendra de l’évaluer en fin d’année au regard des objectifs qui avaient été fixés, sans s’interdire de le faire évoluer. Peut-on utiliser le soutien pour faire rattraper un élève qui a été absent ? Non, le soutien n’est pas prévu pour cela et il faut résister aux demandes de parents qui iraient dans ce sens. Un élève qui a été absent aurait besoin d’un groupe de soutien pour lui tout seul afin de refaire tout le programme, et cela ne pourrait être qu’au détriment des autres élèves. Bien sûr, si l’élève en question a des difficultés dans un domaine pour lequel un groupe de soutien est organisé, il faudra proposer à ses parents de l’y intégrer, mais en précisant bien que le but ne sera de travailler sur un point précis, pas de refaire ce qui a été manqué dans toutes les matières. Peut-on mentionner non acquis sur une évaluation et la transmettre aux parents à l’issu d’une période de soutien ? Rien ne l’interdit. Rappelons toutefois qu’il est important de réfléchir à l’avance au statut des documents liés au soutien. Qu’est-ce qui est destiné à la liaison à l’intérieur de l’équipe ? Qu’est ce qui sera transmis aux parents ? Rappelons également que le soutien doit être un lieu où l’élève doit reprendre confiance en lui, être mis en situation de réussite, se réconcilier avec l’école. Il y a donc peut-être mieux à faire que d’envoyer à la maison encore une « mauvaise note » à montrer aux parents. Un rendez-vous où un courrier proposant simplement la poursuite du soutien nous semblent plus appropriés… |