L'EDITORIAL
Lundi 6 Septembre 2010

 

 
 
Pour les natures pessimistes, il ne manque pas de sujets susceptibles d’entretenir la morosité en cette période de rentrée des classes. La Révision Générale des Politiques Publiques, dans sa recherche d’efficacité, impose des réductions du nombre de postes d’enseignants qui jusqu’à présent ne touchaient pas dans notre académie les attributions annuelles de moyens, mais aura des effets très visibles pour la rentrée prochaine. Les collectivités publiques recherchent des économies budgétaires qui restreignent les forfaits obligatoires et les subventions volontaires. La recherche des équilibres budgétaires pour les caisses de retraite induit des évolutions sociales mal acceptées.
 

Mais notre métier ne peut se nourrir de pessimisme. Même si nous devons enseigner l’effort et la rigueur aux jeunes élèves, c’est toujours avec l’espérance d’un gain plus abondant. On sait qu’il est heureusement impossible de prédire l’avenir. Lorsque les événements ont eu lieu, on recherche les visionnaires dont les anticipations étaient justes, mais à posteriori. L’avenir est toujours incertain, c’est même sa nature profonde. Cela peut bien sûr nous inquiéter, d’autant plus que notre civilisation semble donner de nombreux signes de décadence, mais perdre la confiance première en la volonté bienveillante du créateur est une tentation à écarter.  Comme Job, nous conservons cette foi profonde « Au milieu de tous ces malheurs, Job ne commit pas de péché. Il n'eut pas la folie de faire des reproches à Dieu ». (Job, 1,22).
 

A rencontrer des chefs d’établissement et des équipes éducatives en ces jours de rentrée, il est bien visible que c’est ce sentiment qui prédomine : l’accueil joyeux des lauréats du concours 2010 au monastère de Saint Honorat, les retrouvailles des Chefs d’établissement dans la cathédrale de notre diocèse, le rassemblement confiant des enseignants autour de leurs responsables dans tel grand établissement, le nombre croissant des participants à la messe de rentrée dans un autre, la fraîcheur de tous ces élèves forts de leur justes résolutions et de leurs trousses neuves. La rentrée scolaire est un événement d’automne, mais elle est joyeuse et neuve comme un printemps.

 

Michel Carletti
Directeur Diocésain

 
A

V